INTERVIEW : MENACES DE MORT CONTRE B.S. DIARRA

 

«Le commanditaire est un Officier»

 Notre confrère Boubacar Sidiki Diarra, plus connu sous la plume de «B.S. Diarra» et non moins Directeur Fondateur du journal «La Sentinelle » et Coordinateur du Groupe de Presse («La Foudre», «Le Bâtisseur», «Ko-jugu», «Mali-Info», «Maliba-Info») est aujourd’hui victime d’une menace de mort. Nous l’avions rencontré.

Question : Que s’est-il réellement passé ?

B.S. Diarra : Merci ! Depuis maintenant plusieurs mois, des individus visiblement malintentionnés tournent autour de ma personne, mes lieux de travail et même à domicile. Il leur arrive parfois de me lancer des propos désagréables, insultants et même des menaces de mort.

Qui sont-ils ? Les aviez-vous identifiés ?

Certains d’entre eux, oui ! Mais ceux-ci ne sont pas les véritables commanditaires. Je pense que pour leur part, il s’agit d’exécutants à la solde de véritables commanditaires ?

Vous avez quand même des soupçons, voire des éléments susceptibles de les confondre ?

Bien entendu ! Mais j’ai toujours préféré les éviter et leur donner des conseils. Mais c’est parce que ça n’en finissait pas que j’ai décidé de réagir. Je ne souhaite pas en arriver à la dénonciation.

S’agit-il d’agents, de porteurs d’uniforme ?

Affirmatif ! Mais pas tous ! Je confirme qu’un des véritables commanditaires est un officier.

De police, de la Gendarmerie, de la Garde Nationale ?

Je préfère taire cette réponse pour l’instant. Les enquêtes sont en cours. En tout cas, ses hommes l’appellent «Fama» (Chef). Ce qui veut tout dire.

Est-il en mission ? Et de qui ?


S’il est en mission, elle n’est pas de manière officielle. Sa propre mission, peut-être, oui !

Et comment le savez-vous ?


J’ai tout simplement demandé auprès des autorités dont les responsables de la Sécurité d’Etat (S.E). C’est le lieu pour moi de le dire : ceux-ci se sont montrés très coopératifs et cherchent à les épingler suite à notre plainte.

Vous parlez d’un officier. Mais comment saviez-vous qu’il en est ?

Je précise : il s’agit bien d’un officier qui a mobilisé des subalternes lesquels lui obéissent à l’œil. Mais ces exécutants sont innocents.  Parmi ses recrus figurent aussi des civils, des personnes souvent proches, de petits malfrats, des voisins, et même des étrangers sur le sol malien. J’ai d’ailleurs été traité par eux d’étranger moi-même. Il parait que suis Français, Burkinabé ou Sénégalais. C’est selon…

Mais comment en est-on arrivé là ? Que veulent-ils ?

D’abord comment ? Comme vous le savez, nous vivons une période très sensible. Cet officier a fait courir le bruit que nous étions un malfaiteur, un chef de gang, un terroriste, un espion, etc. Et qu’il avait pour mission de m’identifier. Il a tenu les mêmes propos partout dans mon sillage. Je m’en suis rendu compte et, pour des raisons de transparence et afin de faire toute la lumière sur ma personne, j’ai laissé faire espérant que le manège allait prendre fin. Mais que non ! La prétendue enquête, les invectives, insultes et menaces ont continué. Alors…

Ce qu’ils veulent ? Je l’ignore ! Mais une chose est sûre : leur méthode est contreproductive. Ils n’obtiendront rien de moi avec cette formule. Rien ! 

L’on parle, à l’heure actuelle, de l’existence de tendance au sein des services spéciaux maliens agissant au nom d’une tierce personne proche du pouvoir. Serait-ce cette tendance ?

J’ai effectivement appris cette histoire qui nous vaut d’ailleurs l’interpellation de notre confrère de l’Hebdo «Le pays». J’ignore si cette tendance existe et si le commanditaire y évolue. Il est cependant évident que les derniers événements survenus au pays ont profondément divisé les différents corps jusqu’au niveau des services. Et certains en profitent… Mais ceci n’est pas le sujet. Passons donc !   Ce que je sais par contre, c’est que cet individu n’agit pas dans la légalité. C’est l’occasion pour moi de saluer d’autres agents présents sur les lieux qui ont plusieurs fois pris fait et cause pour ma personne. C’est dire, en tout état de cause, qu’ils ne sont pas du même bord que ces missionnaires autoproclamés.

Il nous revient que vous avez reçu un message S.M.S énigmatique. De quoi s’agit-il exactement ?

Vrai ! A la date du 28 Octobre 2017 à 08 h 07 mn, j’ai reçu ce message pour le moins mystérieux dans mon téléphone. Il est écrit ceci : «Seul contre tous dans les rangs de la cellule secrète des Nations-Unies. Son identité n’est connue de personne. Ses missions sont ultra confidentielles…». 

C’est quoi cette histoire ?


Je m’interroge aussi ! Une erreur ? Possible ! Mais le numéro de l’envoyeur n’est pas enregistré dans mon répertoire et lui possède le mien quand même. Comment donc ? Ce qui est pour le moins intriguant !

Et qu’en dites-vous ?

Je pense que c’est le même mode opératoire qui continue. Faire passer la victime pour un espion et le livrer à la vindicte populaire. Et un tel message sera de nature à confirmer les soupçons. C’est bien cette conclusion qui m’a incité à parler.

Quelle a été votre réaction ?


Bien entendu, j’ai saisi le Procureur de la Commune II ; j’ai informé tous les confrères… Enfin, j’ai pris des mesures conservatoires !

Vous êtes aujourd’hui un des doyens de la presse malienne, quels conseils donnez-vous aux jeunes ?

D’abord le respect et la dignité, la modération et la vigilance ! D’éviter surtout la facilité source de pièges multiples. Enfin, chercher plutôt la renommée que la richesse. La première sera gage de la seconde. Le contraire n’est pas souhaitable !

Bamanan dén (Issiaka Coulibaly)