VERS LA REPRISE DU PROCÈS TANT ATTENDU

Amadou Aya Sanogo et consorts à la barre en juin prochain

 Renvoyée lors de la session de la Cour d’assises de Sikasso, l’une des affaires mettant en cause le capitaine-général Amadou Aya Sanogo et consorts, notamment la disparition des vingt-et-un (21) Bérets rouges, devra se tenir à Bamako car tout est fin prêt pour le déroulement de ce procès prévu en juin prochain selon nos sources, même si la date exacte de l’ouverture du procès n’est pour l’instant pas connue.
De sources judiciaires, tout serait fin prêt pour la tenue du procès à Bamako, plus précisément dans les locaux de la cour d’Appel à Banankabougou.  Il nous revient que tous les accusés seront présents ainsi que les témoins sollicités.

Rappelons que sur la liste des témoins de la défense, figurent Ousmane Chérif Madani Haïdara, le général de brigade Didier Dakouo, le colonel Diamou Keïta, plus une dizaine d’officiers qui n’étaient pas dans la salle à Sikasso.

Côté sécuritaire, les dispositions appropriées sont également pour préserver toute la sérénité des débats et la ville de Bamako  et ses alentours, discrètement surveillés par un dispositif sécuritaire, bénéficieront de mesures spéciales pendant toute la durée du procès afin de prévenir tout acte en mesure de troubler l’ordre public. D’ailleurs, la période prévue pour ce procès est couverte par l’état d’urgence qui vient d’être prolongée de six mois. Ce qui facilite le travail des forces de sécurité.

Sanogo et autres devront répondre des faits d’enlèvement et de disparition de militaires du 33è Régiment des commandos-parachutistes encore appelés Bérets rouges, à la suite des événements de fin avril 2012, après ce qui est appelé communément l’opération de contre coup d’état, mais que le groupe de Sanogo considère comme une atteinte à la sûreté de l’Etat. Des débats houleux sont donc attendus au prétoire, puisque dès l’ouverture du procès lors de la dernière session de la Cour d’assises de Sikasso, les avocats des deux parties en ont donné un avant-goût avec un affrontement de trois jours sur des préalables et des exceptions soulevées de part et d’autre.
il y a 17 accusés, dont 6 pour enlèvement et assistanat, deux pour complicité d’assassinat, les généraux Yamoussa Camara et Dahirou Dembélé, respectivement ministre de la Défense et chef d’état-major général au moment des faits.

Les 9 autres sont accusés de complicité d’enlèvement et d’assassinat. Parmi eux, Amadou Haya Sanogo, Bloncoro Samaké, Simeon Keïta, Oumarou Sanofo dit Kif Kif, Soïba Diarra, Christophe Dembélé, Amadou Konaré, Mohamed Issa Ouedrago, et Ibrahim Boua Koné. 

En attendant, nous apprenons que la liste des victimes s’allonge car récemment, la famille d’un jeune officier, un capitaine, a été informé de l’irréparable. Autrement dit, la mort de l’officier. Toute chose qui en rajouterait aux lourdes charges déjà retenues contre le capitaine-général et ses acolytes.

Par ailleurs, nous apprenons aussi que les expertises demandées par les défenseurs de Sanogo ont été réalisées par des laboratoires dont l’expertise est mondialement reconnue dans le domaine pour éviter que cet aspect ne constitue un blocage du procès car les avocats du chef de l’ex-junte avaient beaucoup insisté sur les expertises.

Tenir ce procès dans de bonnes conditions et ainsi faire éclater la vérité, c’est mieux pour tout le monde. Surtout dans le monde entier cette affaire est suivie de très près et les organisations de défense des droits de l’Homme comme la Fidh et l’Amdh se sont constitués partie civile. «Un tel procès est l’occasion de faire transparaître la vérité sur un épisode difficile de l’histoire récente du Mali au cours duquel, alors que le pays était attaqué au Nord, un quarteron d’officiers n’a pas hésité à faire exécuter froidement 21 militaires pour conserver le pouvoir acquis quelques jours plus tôt par un coup d’État militaire. Le Mali s’honore à rendre justice et donner aux accusés un droit que ces derniers ont nié à leurs victimes » a déclarait Me Clémence Bectarte, coordinatrice du GAJ et avocate des victimes.

Les avocats de la défense des accusés étaient au nombre de 14 à l’ouverture du procès à Sikasso. Reste à savoir s’il y en aura autant cette fois-ci. En effet, parmi ces avocats de la défense on pouvait reconnaître e grands noms du barreau comme Me Harouna Toureh, Me Cheick Oumar Konaré, Me Mariam Diawara, Me Boubacar Karamoko Coulibaly.

Du côté des avocats de la partie civile, il y avait huit avocats: Me Moctar Mariko (président de l’Amdh), Me Hamidou Diabaté, Me Oualy Diawara, Me Clémence Bectarte du barreau de Paris et Me Assane Doma N’Diaye du barreau du Sénégal.

De toute façon, ce ne serait là qu’un premier procès contre Amadou Aya Sanogo, puisqu’il y a encore un dossier, tout aussi sulfureux que celui-ci qui l’attend et devrait passer aussi par une autre session de la Cour d’assises. Il s’agit du dossier de la mutinerie qui avait secoué la ville-garnison de Kati et au cours de laquelle, des officiers, sous-officiers et soldats reconnus comme des proches de Sanogo qui s’étaient rebellés contre lui, avaient mystérieusement et les corps sans vie des intéressés, parfois mutilés et portant des traces d’une mort atroce, étaient retrouvés à des endroits différents de Kati et Bamako, comme si on y semait des cadavres.