LE GHOTA DE LA REPUBLIQUE SE MOBILISE POUR LE TIRER D’AFFAIRES

L’homme d’affaires Modibo Gamby tue son fils et se couche dans une clinique

 

La nouvelle a fait rapidement le tour du quartier Korofina où habite le richissime homme d’affaires qui a bâti sa fortune sur l’importation du bazin. Modibo Gamby, connu comme le spécialiste des tissus basin «Getzner» et «Super vainqueur», puisque c’est de lui qu’il s’agit, a battu à mort son fils, le 4 janvier dernier. Interpellé par le commissariat de Police du 6e Arrondissement, il n’y a passé que quelques heures avant de rejoindre une clinique privée où il est couché, faisant le mourant. Pendant ce temps, des pontes de la République sont en train de tout mettre en œuvre pour le tirer d’affaires.
Ceux qui soutiennent que la justice n’est pas égale pour tous les citoyens n’ont pas totalement tort car les moyens financiers font souvent la différence entre les prévenus. Et pour cause, celui qui a la possibilité de se payer les services des plus grands avocats de la place ne se trouve pas au même pied d’égalité que l’autre qui ne compte pas se faire assister par un avocat. En plus, la notoriété fait aussi souvent la différence comme vient de le prouver le cas de l’homme d’affaires Modibo Gamby.

En effet, sitôt conduit au commissariat du 6è Arrondissement pour la mort de son fils Fodé, qu’il a battu à mort, Modibo Gamby n’y a passé que quelques heures, pendant lesquelles, un défilé incessant de personnalités a été noté au niveau de ce commissariat de police. Heureusement que les occupants de cet hôtel de police ont été intransigeants et filtraient les entrées, ne laissant passer que ceux qui avaient un droit d’accès après avoir prouvé qu’ils avaient un réel motif d’être sur les lieux.

De toute façon, on finira par éviter à Modibo Gamby, pour le moment, de goûter aux affres de la prison car il a été transféré dans une clinique après avoir évoqué une nécessité due à «une raison de santé». L’on se demande quelle est donc cette maladie qui permet de si intenses efforts physiques pour s’acharner sur son fils et ne permet pas, en contrepartie, de se mettre à la disposition des enquêteurs afin que le dossier puisse suivre son cours.

«Il regrette son acte et en est tombé malade car perdre ainsi son fils n’est pas facile un coup facile à encaisser» nous confie un des commerçants détaillants du Grand marché qui  tente de donner une explication à cette attitude de Modibo Gamby. D’autres soutiennent qu’il traine réellement une maladie et comme dans pareils cas, les supputations vont bon train concernant le mal qui l’a conduit à la clinique où il est interné au lieu de se retrouver bien au chaud dans la cellule d’une prison.

Selon nos investigations, entre Modibo et son fils Fodé, on n’en est pas à la première altercation violente et ce n’est pas la première fois que le père s’est acharné sur le fils qui n’était pas non plus exempt de reproches. Des habitués des abords du Grand marché qui connaissent bien la victime, Fodé, savent que son mode de vie ne plaisait pas du tout à son géniteur qui usait souvent de la manière forte pour le tirer des nombreux vices dans lesquels il sombrait. On raconte même que Fodé est allé passer ses vacances de fin d’année au Maroc et connaissait tous les grands lieux de la dolce vita des grandes capitales européennes où il pouvait facilement se rendre. On dit aussi qu’il avait la nationalité belge.

Toujours est-il que ce jour du 04 janvier dernier, lorsque Fodé est rentré à la maison tout ivre, son père - aidé d’un membre de la famille dont nous préférons encore garder le nom donné par des sources proches de la famille – l’a roué de coups de coups, tapant à l’aveugle avec tout ce qui est à sa portée. Au finish, le gosse ne bougeait plus et soupirait pratiquement, selon les témoignages distillés par des sources familiales outrées par ce drame. C’est en ce moment que, revenant un peu à la raison, Modibo a décidé de le faire évacuer dans une structure de santé qui n’a pu que constater le décès du jeune Fodé, âgé de vingt ans, mort de coups et blessures qui ont occasionné plusieurs traumatismes au niveau du crâne et des fractures de côtes.

Ce drame a vraiment divisé la famille car si ceux qui soutiennent Modibo ont cherché à dissimuler son acte en imaginant plusieurs scenarii possible pour tromper la vigilance des gens et surtout de la justice, en faisant passer le décès de Fodé comme une mort naturelle ou intervenu suite à un accident. Mais la mère de Fodé et d’autres membres de la famille ne l’entendent pas de cette oreille et veulent que cette affaire soit traitée comme il se doit par les autorités judiciaires. C’est pourquoi tous les regards sont actuellement braqués vers les cours et tribunaux pour voir réellement s’il n’y a pas une justice à deux vitesses dans ce pays.

K.D.