MANDAT D’ARRET CONTRE ABIDINE GUINDO

Une commission pour incriminer des candidats à la présidentielle et ex-membres du FDR

Tous les moyens sont bons pour ouvrir un boulevard à IBK afin qu’il puisse rempiler. Même s’il faut user de méthodes abandonnées par le KGB parce qu’indignes du troisième millénaire. C’est plus grave lorsqu’on tente de manipuler Dame justice, comme c’est le cas dans ce dossier du contrecoup d’Etat. En effet, on veut l’utiliser pour éliminer des candidats à la prochaine présidentielle. Il se trouve donc que le semblant de sérénité affiché par Boua et ses ouailles cache donc mal une inquiétude, voire de la panique de ses hommes de main qui usent de tous les moyens, même des plus déplorables pour le maintenir au pouvoir. Mais la CPI veille !

 

D’emblée, nous avions émis des doutes sur la publicité entretenue autour du mandat d’arrêt lancé contre Abidine Guindo par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako pour « complément d’enquête ». Nous n’avions pas tort car non seulement c’est aberrant de n’avoir pas besoin de faire tout ce ramdam concernant Abidine Guindo qui est déjà sous contrôle judiciaire, donc peut-être interrogé à tout moment, mais aussi pourquoi attendre le mois de mai pour diffuser à grand renfort de coups médiatiques un arrêt datant de février, soit plus de trois mois auparavant ?  

Comme d’habitude, «Le Sphinx» qui sait fouiner pour aller au-delà des fausses apparences, connaît maintenant toute la vérité : on cherche à bidouiller le contenu de ce dossier pour l’utiliser comme une arme contre des candidats à la Présidentielle afin de les disqualifier.

 
Nouvelle version de la déposition du colonel Abidine Guindo

Effectivement, depuis le 25 mars 2017, une commission de trois personnes a été mise en place : deux promotionnaires du capitaine-général Amadou Haya Sanogo et un proche du colonel Abidine Guindo. Le but de cette commission est d’amener le capitaine Abdine Guindo à revenir sur ses déclarations qu’appuieraient ensuite les membres de ladite commission dont chacun a un rôle précis à jouer pour enfoncer le clou. La nouvelle version de la déposition du colonel Abidine Guindo servirait donc contre des membres du Front du refus (Fdr) qui s’opposait au coup d’Etat de l’ex junte de Sanogo. C’est pour les présenter comme les instigateurs de ce contrecoup d’Etat et ainsi leur provoquer des ennuis judiciaires. Ce qui aurait le double mérite de les empêcher d’abord de se présenter à la présidentielle qui se profile à l’horizon et ensuite d’en finir définitivement avec leur carrière politique.

Les deux promotionnaires du capitaine-général Sanogo ont exigé beaucoup d’argent et aussi des garanties, comme quoi s’ils acceptaient ainsi de se mouiller pour incriminer les hommes politiques, ils ne seraient pas emprisonnés même suite à une condamnation par la justice.

C’est ce coup fourré qui se trouve donc caché derrière l’expression « complément d’enquête » afin de pouvoir introduire dans le dossier des éléments incriminant des hommes politiques ciblés, dont principalement Modibo Sidibé et e chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, à qui on a cherché des noises au Sénégal en essayant  en vain de faire réveiller un faux dossier de construction de forages de l’Uémoa pour avoir sa tête.

Mais « Le Sphinx », qui assume parfaitement son statut de journal d’investigation, a réussi à se procurer une copie du procès-verbal d’audition du colonel Abidine Guindo, pour confirmer qu’il n’y a rien dans ce dossier qui puisse permettre de s’en prendre à un homme politique. Même pas un bout d’allusion car interrogé sur la question, Abidine Guindo a été sans équivoque, soutenant qu’aucun responsable politique n’a été associé ni consulté pour ce projet.

Tentatives d’incrimination de Modibo Sidibé

Sur ses relations avec un certain Modibo Doumbia de la Primature et l’apport de ce dernier le jour de l’attaque, précisément le 30 avril 2018, Abidine a été formel en précisant que c’est un ami intime, bien que civil de son état. Il ajoutera que cette nuit-là, faute de véhicule disponible, il a fait appel à Modibo Doumbia pour transporter certains de ses éléments blessés à l’hôpital. 

En réalité, on a voulu se servir de ce Modibo Doumbia pour atteindre l’ex Premier ministre Modibo Sidibé comme l’insinuaient les enquêteurs. Pour eux, il est l’envoyé spécial de Modibo Sidibé aux côtés du colonel Abidine Guindo pour qu’ils projettent ensemble l’opération. Mais Abidine est resté ferme sur sa position, affirmant que cet ami a certes des relations de travail avec l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé par le canal de l’ancien président Amadou Toumani Touré, avant de réitérer qu’il n’est lié à aucune autorité politique ! Voilà qui est très clair !  

 
Jeamille Bittar aussi !

Concernant aussi Jeamille Bittar qu’on a voulu accuser d’avoir livré aux Bérets rouges deux conteneurs d’armes pour mener l’opération de contrecoup d’Etat, le colonel Abidine a été catégorique, utilisant même un très sec « c’est faux ! » avant de préciser qu’il n’a jamais entretenu Bittar et que les armes en question appartenaient aux forces spéciales gérées par les Américains. Ces forces spéciales, rappelons-le, étaient composées d’une cinquantaine de Bérets rouges commandés par le capitaine Alou Omgoiba, qui n’était sur le terrain la nuit de l’opération car resté au camp de Djicoroni-para.

Rappelons que lors de la perquisition au domicile du colonel Abidine Guindo, une liste de 28 hauts gradés de l’armée a été trouvée. Il s’agit des membres du Comité national de salut que projetait de mettre en place le colonel Abidine Guindo si son contrecoup d’Etat avait réussi. Mais il reconnaît avoir dressé la liste sans consulter les intéressés sauf cinq d’entre eux, tous des militaires, qui ont été « avisés » (sic)

Cela peut être vrai dans la mesure où le colonel-major Yamoussa Camara (devenu général par la suite) figurait sur la liste des membres de ce Comité de salut national projeté, alors qu’il était, au moment de ce contrecoup d’Etat, le ministre de la Défense et des anciens combattants de la Transition. En plus il ne pouvait être de mèche avec Abidine Guindo si l’on sait qu’il doit comparaître devant la Cour d’assises dans l’affaire des 21 Bérets rouges disparus suite à ce contrecoup d’Etat. Pourquoi n’a-t-on pas insisté sur son cas pour tenter de l’incriminer comme on a fait avec les deux hommes politiques précités ? Mystère et boule de gomme !

Nos sources nous apprennent la commission citée plus haut a pour charge de convaincre le colonel Guindo de revenir sur sa déclaration en compromettant les responsables du FDR. Elle aurait déjà fait un tour chez le capitaine-général Sanogo et eu deux séances de travail avec le colonel Guindo qui serait resté droit dans ses bottes 

Ce qui est sûr, « Le Sphinx » qui a pu mettre ses grandes ailes sur le Procés-verbal d’audition du colonel Abdine Guindo, se fera le plaisir d’en publier les bonnes feuilles dans le cas où IBK et ses ouailles tenteraient d’incriminer des adversaires politiques dont les plus redoutables sont Soumaila Cissé, Modibo Sidibé et Tiébilé Dramé.

 Interrogé le mercredi 11 juillet 2012, à 15h 45 puis à 17h 12, sur le contre-coup d’Etat du 30 avril 2012, le colonel Abdine Guindo est formel : « Aucun responsable politique n’a été associé ni consulté pour ce projet. A part les noms cités sur la liste que vous détenez, à savoir (suivent les noms de 5 officiers, ndlr). En dehors de cela, personne d’autre n’a été sollicité par mes soins ». Voilà qui est clair. 6 ans après, on ne peut pas faire avaler aux Maliens une salade qui n’est pas de la saison. Même si un ancien barbouze est à la tête du gouvernement.

N.S. et A.D