REMANIEMENT MINISTERIEL EN VUE

Départ de 14 ministres annoncé

Il nous revient que dans tous les prochains jours, le président IBK va procéder à un remaniement ministériel pour mettre en place un gouvernement resserré donc avec une équipe restreinte de 20 à 21 ministres, contre 35 actuellement.

Annoncé depuis quelques semaines, dans la suite logique de la suspension du processus de révision constitutionnelle, le remaniement ministériel ne devra plus tarder. D’aucuns disent même que certains ministres, dans le secret de leur Cabinet confient à de proches collaborateurs qu’il y a de fortes chances qu’ils ne soient pas de la nouvelle équipe à mettre en place et donc ‘en tenir compte dans le traitement des dossiers. L’on comprend aussi l’activisme zélé de certains ministres ces derniers temps, comme pour tenter de taper dans l’œil du président de la République pour sauver leur tête.

Mais IBK a sa petite idée sur chacun d’eux et naturellement, depuis qu’il a avoué publiquement –et de manière insistante- avoir senti la solitude du pouvoir au moment où le pays était au bord de l’embrasement avec le projet de révision constitutionnelle, il y a des raisons de s’attendre à un coup de balai. Le contraire renverrait donc à une inconséquence du président de la République.

D’ores et déjà, le président de la République est en train de travailler sur le schéma d’un gouvernement qui ne dépassera pas vingt-cinq (25) membres. Il s’agira donc d’une équipe resserrée au contraire du gouvernement pléthorique de 35 ministres que nous avons actuellement. D’ailleurs à les voir collés les uns aux autres lors des sessions du conseil des ministres, on ne peut s’empêcher de penser à ces salles de classe de l’école fondamentale publique bondées d’élèves au point qu’ils sont serrés sur les tables-bancs comme des sardines dans une boîte de conserve.

Il se susurre que dès son retour des Etats-Unis d’Amérique où il était parti pour prendre part à une assemblée générale des Nations unies, le président IBK va secouer le cocotier pour faire partir 14 ministres de l’arbre comme des fruits mûrs.

Une chose est déjà sure : c’est le départ de Tiéman Hubert Coulibaly du ministère de l’Administration territoriale, mais il sera consolé avec un autre département de souveraineté. De toute façon, son départ s’inscrit dans l’ordre normal de la gestion des affaires de la République, dans la mesure où, en tant que chef d’un parti politique (l’UDD) qui a décidé d’investir IBK comme son candidat à la présidentielle de 2018, il est disqualifié pour rester au ministère de l’Administration territoriale chargé d’organiser les élections. Son départ de ce département est non seulement demandé par une partie de l’opposition, mais aussi par des partenaires techniques et financiers du Mali qui estiment que c’est déjà une source de discrédit sur la sincérité du scrutin.

Ce départ est même la meilleure chose qui puisse arriver à Tiéman Hubert Coulibaly que des responsables du camp présidentiel soupçonnent même de ne pas être prêt à jouer le jeu du pouvoir en matière électorale. Pour tenter de convaincre, ils brandissent la retenue dont il a fait preuve s’agissant du projet de révision constitutionnelle pour lequel il n’était pas au-devant de la scène politique.

Pendant qu’il adoptait une position qui le mettrait en dehors du débat pour se donner un tant soit peu de crédit en tant qu’organisateur du scrutin référendaire et naturellement donner un gage de sincérité aux résultats, ceux d’en face l’accablent. Il est donc entre le marteau et l’enclume et devra céder la place à une autre personnalité moins trempée politiquement.

C’est pourquoi on parle de plus en plus du Général Salif Traoré, actuellement ministre de la Sécurité et de la protection civile, pour remplacer Tiéman Hubert Coulibaly à l’Administration territoriale.

Autre départ très attendu, c’est celui de Me Kasoum Tapo, ministre des Droits de l’Homme et de la réforme des institutions. Il a même disparu de la circulation sans pour autant atténuer le bruit des casseroles qu’il traine encore avec cette histoire de projet de révision constitutionnelle.

Il reste évident, qu’avec le resserrement prévu, il faudra procéder à la fusion de certains départements pour parvenir à réduire la taille du gouvernement. Ce qui voudra dire que certainement lors des consultations, il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. En effet, on annonce déjà le départ de 14 ministres de l’équipe actuelle.

Il nous revient aussi que Soumeylou Boubèye Maïga, actuel secrétaire général de la Présidence de la République, devra sortir de Koulouba pour occuper un fauteuil ministériel à la tête d’un grand département de souveraineté. Il va signer ainsi son grand retour dans le gouvernement, en même temps que Moustapha Ben Barka pressenti pour occuper le fauteuil de ministre de l’Economie et des Finances en remplacement du Dr Boubou Cissé qui demanderait à partir, notamment pour retourner à la Banque mondiale où l’expérience gouvernementale acquise y sera un bon atout pour accéder à des postes de responsabilités.

Mais si le retour de Soumeylou et de Ben Barka dans l’attelage gouvernemental se confirmait, ce serait un pied de nez aux partenaires techniques et financiers du Mali en général, notamment le FMI qui avait exigé d’arrêter et de traduire devant les tribunaux tous ceux qui ont joué un rôle dans les marchés malodorants de l’avion présidentiel et des équipements militaires et en particulier à la justice malienne qui, décidemment ne s’attaque qu’au menu fretin.

 

N.S