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MME SAFIA BOLY : LA NOUVELLE MINISTRE DE LA REFORME DE L’ADMINISTRATION ET DE LA TRANSPARENCE DE LA VIE PUBLIQUE

Accusée de «discrimination, harcèlement (y compris sexuel), d'abus de pouvoir» (ONU)… Sa victime obtient réparation

Edité le 14-09-2018


Voilà ce que le système judiciaire des Nations-Unies retient de la nouvelle ministre d’IBK en charge de la réforme de l’administration et de la transparence de la vie publique» : «mépris aveugle des règles et règlements, manque de professionnalisme, tyrannie flagrante, indifférence implacable, totale contradiction avec l’éthique d'un fonctionnaire international, mépris à l'égard de l'autorité de l'État, de dédain et d'impunité à l'égard de l'autorité du Tribunal… ». Bref, lisez plutôt !
La nouvelle ministre d’IBK en charge de la réforme de l’administration et de la transparence de la vie publique se doit d’abord d’expliquer à ses compatriotes ce qui s’est réellement passé aux Nations-Unies au compte desquelles elle travaillait précédemment. Et pour cause, elle est expressément accusée «d’Abus de pouvoir, de harcèlement y compris sexuel, de violation du règlement des Nations-Unies, de non-exécution des recommandations du médiateur des Nations-Unies, de défiance et obstruction des décisions du tribunal», etc.  Le hic, est que le tribunal (le système judiciaire interne de l'Organisation des Nations) en charge du dossier l’a reconnue coupable et exigé que sa victime soit par conséquent dédommagée. Mieux ou pis : le rapport d’enquête l’incriminant a été transmis à la hiérarchie en vue d'éventuelles mesures disciplinaires contre elle.
Il serait fastidieux de faire un rappel effectif du document de 31 pages en date du 30 Juin 2016 et intitulé «Affaire N° : UNDT/NBI/2014/102 » - « Jugement N° : UNDT/2016/094».
Retenons tout simplement qu’il est libellé «DALGAMOUNI contre SECRETARIAT-GENERAL DES NATIONS-UNIES». En clair, la susnommée DALGAMOUNI a porté plainte contre le secrétariat général des Nations-unies» à travers la personne de Madame Safia Boly, son chef hiérarchique au moment des faits, et au compte de la  MONUSCO (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo). Ladite plainte a été enregistrée et tranchée par le Tribunal des Nations-Unies pour le Règlement Des Différends.
Une victime traumatisée…

Il ressort ceci du rapport de jugement dont «le Sphinx» a obtenu copie : «le 15 octobre 2014, le requérant a déposé auprès de Mme Haq une plainte pour abus de pouvoir contre le chef du RSCE conformément à la circulaire ST/SGB/2008/5 sur l'interdiction de la discrimination, du harcèlement, y compris le harcèlement sexuel et de l'abus de pouvoir».

La victime en question a été psychologiquement traumatisée et marginalisée dans son travail pour avoir refusé de signer un simple papier que Madame Safia Boly lui avait demandé sauf que sa victime a poliment refusé parce que elle n’avait pas autorité de signer.

Quatre (04) jours après elle l’a mis sur un plan de performance. Elle la fit ensuite déplacée victime dans un bureau à 500m en vue de l’isoler. Elle la exclue de toutes les réunions et formations et même de simples emails.

Avant l’embrouille, elle (la victime) recevait 70 mails pro par mois. Après elle n’en reçu qu’un seul durant plus d’un an. La victime travaillait en tant que financier et sous la coupe de la Malienne durant 17 mois. Aussi, la patronne a bloqué son accès au logiciel l’empêchant ainsi de travailler. Et il est avéré que c’est un inconnu qui a signé les documents en lieu et place de la victime. Au pénal, on appelle cela du «faux et usage de faux».

En tout état de cause, pour n’avoir pu travailler (elle en était empêchée), la victime n’a pu atteindre les objectifs de la revue de performance vue que Boly lui a privé de ses outils de travail. Alors prétextant un manque de résultat, Boly lui signifia son licenciement. Commença alors la bataille juridique. Des procès que la plaignante gagnera, mais des verdicts que l’ex-patronne foulera toujours au pied au point de susciter la colère des juges eux-mêmes.

Le verdict du tribunal : «mépris aveugle des règles et règlements, manque de professionnalisme, tyrannie flagrante, indifférence implacable, totale contradiction avec l’éthique d'un fonctionnaire international, mépris à l'égard de l'autorité de l'État, de dédain et d'impunité à l'égard de l'autorité du Tribunal… »

Voici un extrait de la décision du tribunal :

«A la lumière des principes énoncés par le Tribunal d'appel, le Tribunal conclut que les actes de Mme Boly constituent une violation des droits fondamentaux du requérant en tant qu'employé des Nations Unies. Cette violation était d'une nature fondamentale et elle a causé des dommages considérables à sa santé, comme en témoignent les rapports médicaux que la requérante a déposés sous scellés… Le Tribunal estime qu'une indemnité de 20 mois de salaires nets est juste et équitable compte tenu de la situation décrite…

Tout au long de l'histoire de cette affaire, Mme Boly s'est conduite au mépris aveugle des règles et règlements de l'Organisation et des normes fondamentales de professionnalisme. Elle était d’une tyrannie flagrante en tant que gestionnaire et elle a fait preuve d'une indifférence implacable à l'égard des conséquences de ses actes sur l’environnement de travail où la requérante a été affectée. Elle s'est comportée en totale contradiction avec l’éthique attendue d'un fonctionnaire international, faisant constamment preuve à la fois de mépris à l'égard de l'autorité de l'État, de dédain et d'impunité à l'égard de l'autorité du Tribunal… En conséquence, le Tribunal renvoie le cas Mme Safia Boly au Secrétaire Général conformément aux dispositions du Statut du TNUD…

Le Tribunal est attristé de constater que cette affaire a mis en lumière l’inaction des plus hauts niveaux du Département d’appui aux missions qui s'est traduite par la décision d'un supérieur hiérarchique de diriger un lieu d'affectation comme s’il était son fief…

Le Greffe à signifier une copie de cet arrêt au Secrétaire Général, et le Secrétaire Général adjoint à l'appui aux missions, afin que leur attention soit attirée sur la conduite du membre du personnel dont ils ont la charge».

Le Juge Vinod Boolell  -  Fait ce 30ème jour de juin 2016 Inscrite au greffe le 30 juin 2016»

Il nous revient que la victime a eu droit à un dédommagement de 20 mois de salaire net (entre 100,000 et 250,000 $ soit entre 65 et 160 millions F CFA).  
Signalons que l’affaire était toujours pendante devant le secrétariat Général des Nations-Unies au moment de la nomination de Madame Safia Boly en qualité de ministre en charge de la réforme de l’administration et de la transparence de la vie publique. A se demander alors si IBK ne lui jette-là une bouée de sauvetage ! Et ce sont les Maliens qui paieront le prix !

La nomination de Safia Boly comme ministre de l’Administration et de la Transparence de la vie publique est-elle la rançon,  en plus des 900 milliards dont la presse a parlé,  de la majorité mécanique nécessaire à la présidente de la Cour constitutionnelle pour valider les irrégularités flagrantes et les bourrages d’urnes des 1er et 2éme tours de l’élection présidentielle, telle est la question qui taraude l’esprit de plusieurs de nos compatriotes quand ils ont appris que celle-ci n’est autre que la fille de Mme Fatoumata Diall, membre de la Cour constitutionnelle.

Pire cette nomination, qui manque décédement de pudeur, est indécente à la suite de la condamnation de Safia Boly par le tribunal des Nations-Unies pour harcélement d’une subordonnée dont le seul crime a été de refuser de signer un document illégal.!

 IBK et son Premier ministre sont-ils aussi légers pour ignorer ce haut fait d’arme de quelqu’un dont  le tribunal des Nations–Unies met la moralité en doute.  En ses termes : «  Elle a abusé de son autorité. Yout au long de cette histoire, Mme Boly s’est comportée sans tenir compte des règles et réglements de l’Organisation et des normes de vase du professionnalisme. Elle  est une intimidatrice flagrante en tant que gestionnaire et elle a montré une indiférence implacable face aux conséquences de ses actes sur le milieu de travail oû la réquérante était affectée. Elle s’est comportée de la manière la plus indigne d’un fonctionnaire international, affichant à la à la fois le dédain et l’impunité envers l(autorité du Tribunal »

En tout état de cause, pour des raisons de «transparence de la vie publique» ‘(ne riez surtout pas)- dont elle a désormais la charge, Madame doit s’expliquer au risque de donner du crédit à ses détracteurs des Nations-Unies.

A.Dramé et Batomah Sissoko.